Leçon :Le contexte du recrutement : le marché du travail
À propos de la leçon

Le professionnel du recrutement doit être en mesure de comprendre les principales évolutions du marché du travail, bref de comprendre dans quel contexte socio-économique il évolue afin de prendre les meilleures décisions possibles en fonction des contraintes spécifiques qui sont les siennes. Qu’est-ce que le marché du travail sur le plan de sa définition ?

Le marché constitue un lieu de rencontre entre l’offre et la demande. Le marché du travail constitue donc un lieu de rencontre entre l’offre et la demande de travail. Plus précisément on désigne par marché du travail la rencontre entre l’offre de travail (de la part d’une population active) et de la demande de travail (par les organisations publiques ou privées : les entreprises, l’Etat, les collectivités, les associations, etc.).

Comme sur n’importe quel marché, les acteurs fixent un prix d’échange. Dans le cas présent il s’agit d’échanger une force de travail contre une rémunération qui peut prendre la forme d’un salaire. Ainsi s’applique la règle classique de tout marché : celle de l’offre et de la demande. Si la demande augmente alors de prix augmente, si la diminue, alors le prix diminue.

En théorie, si les salariés sont de plus en plus nombreux et que les emplois le sont de moins en moins alors les salaires doivent baisser. Mais il ne s’agit là que d’un modèle économique théorique qui ne tient pas compte du fait que le marché est aussi une construction sociale dans le sens où il est régulé par des règles de droit qui peuvent définir le cadre d’exécution d’un contrat de travail, y compris un niveau de rémunération minimal.

Il n’existe par ailleurs aucun « marché idéal » tel que peuvent le modéliser les économistes, c’est ainsi qu’il faut intégrer à notre compréhension du marché du travail des facteurs sociaux ou culturels.

Une spécificité du marché du travail français est ainsi d’avoir, structurellement, un pourcentage de chômeurs plus élevé que les pays d’Europe du Nord ou les pays anglo-saxons. Le taux de chômage est par exemple de 9,5% dans la zone euro (8% dans l’Union Européenne des 28). Eurostat estime notamment que dans l’Union Européenne des 28, il y a près de 20 millions de personnes au chômage. Ainsi en Europe, l’Allemagne aurait un taux de chômage de 3,9%, la Grèce de 23,5% et la France de 10,1%.

Le tableau ci-dessous reprend les principaux résultats à l’échelle européenne. Voir : http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8002535/3-02052017-AP-FR.pdf/422e7944-d26f-4482-9ff2-0c78813fe141  

Le chômage désigne un état d’inactivité d’une personne active désireuse de travailler. Plus précisément, du point de vue de l’INSEE : « Le chômage représente l’ensemble des personnes de 15 ans et plus, privées d’emploi et en recherchant un. Sa mesure est complexe. Les frontières entre emploi, chômage et inactivité ne sont pas toujours faciles à établir, ce qui amène souvent à parler d’un « halo » autour du chômage. Il y a en France deux sources statistiques principales sur le chômage : les statistiques mensuelles du Ministère du travail, élaborées à partir des fichiers de demandeurs d’emploi enregistrés par Pôle Emploi et l’enquête Emploi de l’Insee, qui mesure le chômage au sens du BIT ».

En France, ce sont 27,5 millions de personnes qui sont considérées en emploi (INSEE). On compte plus précisément 24,5 millions de salariés et 2,8 millions de non salariés. Les emplois se répartissent pour moitié chez les femmes et pour moitié chez les hommes. Les différences sectorielles sont néanmoins très importantes avec, par exemple, une surreprésentation des hommes dans la construction et l’industrie.

En France, l’année 2016 par exemple a été une année de création nette d’emplois avec 255 000 créations. Il s’agit de la plus forte création d’emplois salariés depuis 2007. La combinaison de réformes du monde du travail (CICE – Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’emploi ; PRS – Pacte de Responsabilité et de Solidarité ; Prime à l’embauche pour les petites et moyennes entreprises du plan d’urgence pour l’emploi) et d’une conjoncture économique plus favorable explique ces bons chiffres.

Au-delà des chiffres qu’il faut suivre et réactualiser régulièrement, aujourd’hui le monde du travail devient plus complexe, plus mouvant, connaît des évolutions rapides bref, il change rapidement. Des formes nouvelles ont émergé en quelques années pour s’installer dans le paysage de l’emploi de manière parfois définitive : télétravail, coworking, temps partagé, slashing ou encore freelancing.  

 

Le code du travail (Article L-1222-9) définit le télétravail (en pleine expansion durant la crise du COVID-19) comme une forme d’organisation du travail, où  un travail qui aurait pu être fait dans les locaux de l’employeur et de l’entreprise, est concrètement effectué par les salariés hors ses locaux, de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication (essentiellement Internet et le réseau téléphonique) dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui. Le télétravail peut faire l’objet d’un accord au sein d’e l’entreprise. A titre d’exemple, voici un lien vers l’accord de télétravail du groupe Thalès : http://www.wk-rh.fr/actualites/upload/accord-teletravail-thales.pdf .

 

Le contexte du confinement lié à la crise du COVID-19 rend cet enjeu du télétravail encore plus prégnant. « Le coworking est un type d’organisation du travail qui regroupe deux notions : un espace de travail partagé, mais aussi un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture ». Source : http://www.rueil-92-coworking.com/coworking/ .

 

Le ministère du travail définit le travail à temps partagé comme un contrat qui doit être signé, pour chaque mise à disposition, entre l’entreprise de travail en temps partagé et l’entreprise cliente, un contrat de travail étant par ailleurs signé entre le salarié mis à disposition et l’entreprise de travail à temps partagé. Les Entreprise de Travail à Temps Partagé (ETTP) peuvent être créées dans le but unique de mettre à disposition d’entreprises clientes du personnel / des salariés qualifiés qu’elles ne sont pas en mesure de recruter en raison de leur petite taille ou de leur manque de moyens. Le salarié est ainsi mis à disposition à temps plein ou à temps partiel. Ce type de mission concerne largement un public de cadres. Plus d’informations sur le site du ministère du travail : http://travail-emploi.gouv.fr/droit-du-travail/contrats-et-carriere/contrats-de-travail/article/le-travail-a-temps-partage .

 

Le slashing correspond au cumul d’activités professionnelles de la part du travailleur. C’est une forme d’emploi émergente en France mais déjà très développé dans les pays anglo-saxons. Le freelancing désigne des travailleurs indépendants (free = libre) dont la forme de travail se développe fortement en France sous l’impulsion du statut d’auto-entrepreneur et plus largement en Europe, comme le montre le dernier rapport de l’EFIP – European Forum of Independant Professionals (MàJ : le rapport n’est plus en ligne au moment du cours) . Ces nouvelles formes s’ajoutent aux formes traditionnelles de l’emploi que sont le CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou le CDD (Contrat à Durée Déterminée). Le point commun de toutes ces innovations et de ces process émergents reste la recherche d’une plus grande flexibilité en réponse à un contexte économique hyperconcurrentiel et mondialisé. Ce contexte de mondialisation amène les forces de travail de chacun des pays à entrer en concurrence par l’intermédiaire de leur niveau de rémunération et peut notamment entraîner des délocalisations.

L’OCDE permet de comparer, à l’échelle internationale, les performances économiques des pays en matière de marché du travail et de l’emploi (comparaison n’est pas raison et plusieurs publication méritent débats). Les données concernant la France donnent le graphique suivant : http://www.oecd.org/fr/presse/le-deficit-demplois-se-resorbe-mais-la-reprise-demeure-inegale.htm

 

Ce graphique permet de comparer les performances économiques de la France par rapport aux autres pays industrialisés. Notre pays se situe ainsi dans la moyenne internationale des pays industrialisés sur beaucoup de critères. Il se distingue néanmoins par un taux de chômage plus élevé, une sécurité de l’emploi plus forte, un meilleur respect de l’égalité femme-homme ( bien que encore assez éloigné des pays scandinaves) et un pourcentage bien moins important de personnes en situation de grande pauvreté caractérisant un système basé sur une redistribution plus forte des richesses.

 

Les statistiques de l’INSEE permettent d’aller plus loin dans la compréhension de la structuration du marché travail en France. Ainsi peut-on obtenir des informations concernant  l’âge, le sexe et le diplôme des actifs occupés pour l’année 2016 in INSEE Références, édition 2017, page 85. Les années suivantes sont moins fournies au moment de la rédaction de ce cours.

On y repère notamment que la majorité de la population en âge de travailler possède un diplôme égal ou inférieur au baccalauréat mais que près de 40% des actifs occupés possèdent tout de même un diplôme de l’enseignement supérieur. Il s’agit d’ailleurs d’une population caractérisée par un taux d’emploi très supérieur aux autres. Le taux d’emploi global est de 64,2% pour les 15-64 ans.

Le marché du travail français regroupe un ensemble d’acteurs privés et publics qui mettent ainsi en place des politiques de ressources humaines visant à recruter la force de travail nécessaire. Cette politique de recrutement s’inscrit dans un contexte où les entreprises doivent attirer les travailleurs qui correspondent le mieux à leurs besoins. D’où des stratégies RH construites pour répondre au mieux à cette problématique.

Fichiers de l’exercice
Aucun fichier joint trouvé
Aucun fichier joint trouvé
0% Complete